Pourquoi je suis suis tombée amoureuse de la Sicile…

par Invité
1 commentaire
Fontaine d'un village en Sicile.

Je me souviens de ce personnage croisé dans les rues de Palerme. Majestueux, il trône avec superbe sur plusieurs places ou au milieu des fontaines. On me dit que c’est le génie de Palerme, dont il existe sept statues disséminées en ville. Mordu en pleine poitrine d’un serpent venimeux qui lui suce le sang, c’est l’allégorie des multiples cultures qui sont passées par la Sicile.

Statue à Palerme en Sicile.

L’un des 7 génies de Palerme… Vous envoûtera-t-il aussi ? © L’Occhio di Lucie

C’est Lucie, du blog voyage « L’Occhio di Lucie », qui partage avec nous son bonheur de voyager en Sicile… Elle vit à Venise après avoir posé ses valises à Rome, et elle parcourt avec éblouissement la péninsule italienne.

 

De la même manière, l’Histoire sicilienne me frappe au cœur. En posant mon premier pied en Sicile, j’ai ouvert la porte à une multitude d’ailleurs. Les terres lointaines, les civilisations disparues m’ont sauté aux yeux et au cœur alors que je découvrais les ruelles de Palerme. Leurs éclats sont partout, dans les ↘️ mosaïques arabo-normandes de la Chapelle Palatine, dans la saveur douce d’un arancino au safran, dans les volutes baroques d’un oratoire.

Intérieur d'une église à Palerme.

Le vertige doré de la Chapelle Palatine de Palerme, joyau de « l’art normand »… © L’Occhio di Lucie

 

En sortant de Palerme, je m’enfonce encore plus dans ce voyage à travers les strates historiques, culturelles. Au détour d’un parc naturel, dans la réserve de Vindicari, j’entre par hasard dans une nécropole byzantine. Sur l’île d’Ortygia, à Syracuse, voilà que j’explore le quartier juif, Ghetto posé au bord d’une mer scintillante de saphir et d’émeraude. Sur les pentes de l’Etna, je traverse le Ponte dei Saraceni, construit par les Arabes au XIVe siècle et toujours épargné par la lave. À Donnafugata, je me perds dans le labyrinthe du Baron Corrado de Spucches, où avant moi s’amusait l’aristocratie sicilienne. Sur le massif des Madonie, dans les villages de pierre, le temps figé parle d’une Sicile des montagnes où la mer, n’est plus qu’un horizon théorique (↘️ je parlais déjà de tous ces lieux dans mes idées de road trip en Sicile).

Le venin sicilien s’immisce petit à petit et voilà que je tombe amoureuse de cette île à la forme parfaite. Elle a l’équilibre du triangle, avec ses trois côtes bordées de plages sublimes. Au large, les îles Egadi, les Eoliennes, Panteleria ou Lampedusa viennent souligner sa grâce, comme une nuée de grains de beauté.

Cette lettre d’amour à la Sicile est une liste de rencontres, de moments, instants uniques où l’île fait battre les cœurs plus fort, où le plaisir de voir, de sentir, de goûter, s’ajoutent au plaisir de vivre.

 

Sur un sentier au bord de la mer…


Des paysages secs, une montagne qui semble taillée au couteau. La mer, transparente, brillante, éblouissante. Sur le sentier côtier, pas une ombre mais une végétation basse, faite de plantes grasses, d’herbes rares et sèches entre les rochers. Dans la réserve de Capo Gallo, sur les chemins du Zingaro, le long des plages de Vendicari, l’âme sauvage de la Sicile m’envoûte, quelle que soit la saison.

La côte sicilienne.

Le bleu de la Méditerranée, indissociable du destin de Sicile… Ici au Capo Gallo. © L’Occhio di Lucie

 

Mordre dans un cannolo…


C’est un petit cylindre de pâte croquante, couverte de bulles, laqué de chocolat, pas forcément joli. On le rempli de ricotta sucrée, on le décore d’éclat de pistaches, on le pare de sucre glace. C’est une caresse pour les sens, une douceur au sens premier, la synthèse de la pâtisserie sicilienne.

Sur l’île, on cultive l’Art de faire du sucre, des amandes et des fruits les mets les plus délicats. Granità, brioches rondes et chaudes, cassata, lait d’amande, biancomangiare, crème de pistache, les yeux fermés c’est toute la Sicile qui fond en bouche…

 

Entre les colonnes d’un temple…


Les Grecs ont construit dans leurs colonies siciliennes des temples monumentaux. On raconte que plus que sur leurs propres terres, ils faisaient preuve de gigantisme pour asseoir leur domination sur ces contrées de la « Grande Grèce », la « Magna Grecia ».

Bien sûr, il y a la vallée des Temples à Agrigente et la perfection du Temple de la Concorde. Mais aussi Ségeste, perdue entre les collines et les troupeaux de brebis. Puis Syracuse, avec son duomo, stratification d’époques, où l’on trouve les colonnes du temple d’Athéna dans l’église mi-baroque mi-romane de Sainte-Lucie.

Intérieur d'une cathédrale en Sicile.

Une cathédrale dans un temple grec ? C’est à Syracuse ! © L’Occhio di Lucie

 

Dans les yeux d’une Madone…


Bien sûr il y a les artistes qui ont trouvé sur cette terre un lieu fertile où représenter une infinité de saints, de vierges au manteau bleu, de batailles épiques. Le Caravage y débarque, échappé d’une prison maltaise. Antonello da Messina, auteur d’une émouvante Madone au regard doux, naît au bord du détroit du même nom.

À Palerme, dans le ↘️ palais Abatellis, au musée Bellomo de Syracuse, et plus souvent dans les églises, allez à la rencontre de la peinture sicilienne.

 

Au bord d’un cratère…


Ça commence par une ascension à travers les villages, sur des routes en lacets qui montent dans les vignes. Avec les kilomètres, les plantes et les Hommes se raréfient, et je pénètre dans ↘️ l’univers noir du volcan. L’Etna semble fait d’une multitude de petites pierres poreuses, rouges, noires, cuivrées. Les accès fiévreux de la Muntagna, comme l’appellent les Catanais, ont percé ses flancs de nombreux cratères éteints.

Les randonneurs viennent y marcher comme sur un fil tendu entre deux mondes, l’exubérante Sicile d’en bas, et l’aridité du sommet de son point culminant, monstre de 3323 mètres d’altitude.

 

Dans ses villages immobiles…


Ils sont nombreux, ces villages de l’arrière-pays, figé sous un soleil féroce, qui mange les ombres et repousse les habitants dans leurs maisons. En s’y arrêtant, on peut avoir la sensation d’un village fantôme, où la population aurait pris soin de construire des églises baroques, des châteaux imprenables ou des fontaines monumentales avant de décamper.

Ruelle d'un village en Sicile.

La Sicile regorge de vieux villages hors du temps… Ici Nicosia. © L’Occhio di Lucie

 

Il suffit pourtant d’y attendre le soir et les heures fraîches pour les voir se remplir de vie. Pendant l’été, les lumières des célébrations religieuses mouchettent la nuit de points colorés et les villages sont en fête. Caccamo, Leonforte, Gangi, Nicosia, Sperlinga : des territoires à explorer loin de l’agitation des grands sites plus connus.

Rue étroite d'un village sicilen.

…Ou ici Sperlinga. © L’Occhio di Lucie

 

Toute entière, la Sicile émerveille. Son venin, bien plus doux que celui du serpent, envahi les sens. Petit à petit, se lève le voile de beauté de ce territoire complexe, un bout d’Italie qui s’est longuement métissé, une pierre brute polie au fil des siècles par les civilisations.

Plus qu’une île, la Sicile est le carrefour d’un monde qui s’articule entre les côtes de la Méditerranée, un univers qu’elle incarne…

1 commentaire

1 commentaire

Traounomad 28 octobre 2018 - 16:42

Bel article 🙂

Ah la Sicile … quelle merveille ! C’est difficile de ne pas en tomber amoureux.
Tu partages avec beaucoup de justesse une partie des nombreuses raisons que l’on a d’y venir.
Si il y a bien un proverbe français qui correspond quand il s’agit de Sicile c’est : « jamais deux sans trois ».
J’y ai passé plusieurs mois et je rentre à peine mais j’ai déjà hâte d’y retourner 😉

Répondre

Laissez un commentaire