Et vous, quelle est votre île préférée de la Côte d’Azur ?

par Pierre
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On a souvent l’habitude d’appréhender la Côte d’Azur depuis la terre ferme. On parle de ses plages, de ses villes et villages… Plus rarement de ses îles. Elles ne sont certes pas si nombreuses, mais qu’elles sont belles ! Touristique ou sauvage, pieuse ou littéraire, silencieuse ou vivante : chacune d’entre elles vous réserve un charme différent. De Marseille à Cannes, larguons les amarres pour les découvrir. N’hésitez pas à me dire en commentaire laquelle vous préférez.
 

Face à Marseille : l’archipel du Frioul et le château d’If


L’archipel du Firoul à Marseille : au premier plan le château d’If, en arrière-plan Pomègues (à gauche) et Ratonneau (à droite) | © Sergey Novikov – stock.adobe.com

Si, au cours de votre visite de Marseille, vous montez à Notre-Dame-de-la-Garde, la fameuse “Bonne Mère”, vous ne pourrez pas les rater : les îles du Frioul veillent sur la rade de Marseille et verrouillent l’entrée du port.

Pas étonnant qu’on ait garni ce lieu stratégique d’un puissant fort : le château d’If, élevé au XVIe siècle, est pourtant célèbre pour autre chose. C’est ici que, d’après le célèbre roman d’Alexandre Dumas, aurait été détenu le comte de Monte Cristo avant de s’en évader de manière spectaculaire.

Mais les îles du Frioul, ce sont aussi deux autres îles, Ratonneau et Pomègues, reliées entre elles par une digue. Flottant non loin de Marseille, elles constituent pourtant un univers à part avec ses petites routes poussiéreuses, ses sentiers, ses phares, ses restaurants, ses plages, ses fortins, son minuscule village… Leur côte découpée comme de la dentelle dessine partout des calanques, des abris marins, des recoins mystérieux. En toile de fond : la grande métropole provençale, la pointe dorée de la Bonne Mère et derrière, les montagnes de l’Étoile.

On accède en bateau aux îles de l’archipel du Frioul depuis le Vieux-Port de Marseille.
 

Dans le parc national des Calanques : l’archipel du Riou


La calanque et la plage de Monastério, sur l’île de Riou | © vincent_ducheman – stock.adobe.com

On les découvre toujours un peu au hasard, depuis les Goudes ou au détour d’un sentier dans le parc national des Calanques… Mais le relief brusque et les crêtes effilées comme des lames de l’île Maïre et de l’île Riou sont à couper le souffle.

L’archipel est inhabité et on ne peut y accéder via des navettes publiques. Peut-être aurez-vous la chance de gagner la calanque de Monastério en voilier ? Nous pourrez alors arpenter ces terres décharnées et vertigineuses, autrefois repaires de contrebandiers. Pour la petite histoire, c’est au pied de l’île Riou que l’avion de l’écrivain Antoine de Saint-Exupéry a sombré le 31 juillet 1944. Il n’a été redécouvert qu’en 2003.
 

Bendor, les Embiez : paillettes et embruns aux îles “Paul Ricard”


La côte sud de l’île d’Embiez : Méditerranée, vraiment ? | © Bernard – stock.adobe.com

Entre Marseille et Toulon, encadrant la baie de Sanary, voici l’île de Bendor et l’île des Embiez. Leur point commun ? Avoir été achetées et aménagées par le magnat du pastis, Paul Ricard.

L’île de Bendor, au large de Bandol, était un rocher désertique qu’il transforma ex nihilo en temple de la jet set en 1950. Il y fit construire un village avec son port, ses hôtels, ses restaurants, ses magasins, son café, son théâtre et même un zoo ! Ce parfum d’années folles est certes passé mais on peut encore se rendre sur cet îlot insolite pour profiter des restaurants et des boutiques d’artistes.

Sur l’île des Embiez, à Six-Fours-les-Plages, c’est une autre ambiance. On y voit un vignoble, des marais salants. On se croit parfois en Bretagne et ce n’est pas si étonnant au fond : l’île n’était qu’un pré salé quand Paul Ricard l’acheta en 1958. Il y fit certes construire des hôtels, des restaurants, une marina… Mais pas partout : la partie sud de l’île est restée à peu près sauvage et la montée à la tour de la Marine offre un superbe panorama sur la mer et les montagnes de la Côte d’Azur.
 

L’île de Porquerolles : un petit paradis sur… mer


50 nuances de bleu… À Porquerolles, la Côte d’Azur prend tout son sens ! | © Jochen Schönfeld – stock.adobe.com

Osons le mot : Porquerolles est la reine des îles de la Côte d’Azur. Au large d’Hyères et de la presqu’île de Giens, accessible en bateau uniquement, elle est un superbe but d’excursion pour la journée, pour ses balades à pied ou en vélo dans l’odeur entêtante des pins et des myrtes, ses plages de rêve ou plus sûrement des deux.

La première chose que vous découvrirez à Porquerolles, c’est son petit village. On peut même dire que c’est un vrai coup de cœur, avec ses maisons provençales, son moulin, son impressionnant fort Sainte-Agathe (vous serez surpris d’ailleur de constater, au cours de votre balade, à quel point l’île est parsemée d’ouvrages militaires… Porquerolles n’a pas toujours été une villégiature !).

Ensuite prévoyez de l’eau, le pique-nique, des chaussures adaptées aussi. Cette île en forme de croissant, de 7 kilomètres sur 3, offre deux visages assez différents : une côte très douce au nord, une côte sauvage et des falaises au sud.

En quittant le village, voici les plages que vous pourrez trouver à Porquerolles (dans le sens des aiguilles d’une montre). Au nord : la plage de la Courtade, la plage du Lequin, la plage de l’Alycastre, la plage Notre-Dame (la plus belle ! la carte postale !)… Puis viennent les plages de la côte sud, sauvages et secrètes : la plage de la Galère, la plage de l’Oustaou de Dieu, la plage de la calanque du Brégançonnet… Et à l’ouest les plages du Langoustier (la Blanche, la Noire, la Grande), la plage des Maures, la plage de l’Aiguade et la plage d’Argent.

Au rayon des curiosités à découvrir au gré d’une rando, je vous suggère la pointe des Mèdes, tout au nord-est de Porquerolles : déjà pour la vue, mais aussi pour son curieux poste de tir “déguisé” en rocher. Je mentionne aussi le Trou des Pirates, qui se situe de l’autre côté de l’île, près de la plage du Grand-Langoustier. D’après la légende, il s’agirait de caches de trésors utilisées par les pirates qui infestaient la Méditerranée autrefois…
 

Île de Port-Cros, île du Levant : les pépites méconnues


À Port-Cros, l’essentiel est invisible pour les yeux… Il faut plonger | © Sabrina – stock.adobe.com

Les deux comparses de Porquerolles formant l’archipel des îles d’Hyères sont beaucoup moins fréquentées. D’une part, elles sont plus éloignées du continent, d’autres part elles ont connu un destin plus “fermé” :

Avant que ne naisse le tourisme de masse, l’île de Port-Cros s’était muée en parc national. Fondé en 1963, c’est même le plus ancien parc maritime d’Europe. Port-Cros possède en effet un écosystème original. Ici, nombreuses sont les sources, ce qui explique la végétation particulièrement luxuriante. L’absence d’activité économique a permis de longue date à la faune aquatique de trouver un refuge salutaire. C’est bien sûr un spot très apprécié pour la plongée.

Contrairement à ce qu’on croit, il est tout à fait possible d’aller à Port-Cros. Mais c’est une adresse jalousement gardée par ceux qui s’y rendent. Le hameau est dominé par les forts du Moulin et de l’Estissac (vue magnifique ici). Il y a bien quelques petites plages, pour ceux qui recherchent plus de calme qu’à Porquerolles. Mais elles se méritent. Comptez 30 minutes pour atteindre la plus proche (la plage du Sud), trois quarts d’heure pour atteindre celle de la Palud et pas moins d’1h30 pour la baie de Port-Man.

Quant à l’île du Levant, elle est en quasi totalité un domaine militaire. Un petit bout, à l’ouest, est à usage civil : il est dévolu au naturisme.
 

L’île d’Or et ses mille couleurs


L’île d’Or est une inépuisable source d’inspiration… | © eugenio – stock.adobe.com

Passé Saint-Raphaël sur la D559, voici le cap du Dramont. Que vous empruntiez son sentier littoral ou grimpiez à son sémaphore, vous ne pourrez pas la rater : l’île d’Or est en effet l’un des sites les plus photographiés de la Côte d’Azur et on comprend pourquoi. Ici, les couleurs sont particulièrement intenses, entre les roches rouges de l’Estérel, les bleus de la mer sans cesse changeants, le vert des pins, le flamboiement des levers et des couchers de soleil…

Si l’île ne se visite pas, elle est en tout cas prétexte à une belle escale sur la route. La petite île est dominée par une tour construite en 1910 seulement par un certain Augustin Lutaud, qui se fit couronner “roi de l’île d’Or” et y organisa nombre de fêtes mondaines, où régna surtout la fantaisie… Pour la petite histoire, et pour les amoureux de bande dessinée, c’est cet îlot qui pourrait bien avoir inspiré Tintin pour son album L’Île Noire.
 

Pieuses et heureuses : les îles de Lérins


L’île de Saint-Honorat est occupée aujourd’hui par un monastère. | © Davidzfr – stock.adobe.com

À Cannes, au large de la Croisette et face au massif de l’Esterel, il y a deux amours d’îles qui à la fois se ressemblent par leur relief plat, et qui diffèrent totalement dans leur esprit… Une excellente raison de les visiter toutes les deux !

L’île Sainte-Marguerite, la plus proche du continent, est entièrement recouverte de pins et d’eucalyptus. Elle est veillée par le fort Sainte-Marguerite, aujourd’hui transformé en un petit musée. On se promène très facilement sur l’île, dont le pourtour est ponctué de petites plages. Une excursion idéale avec des enfants.

L’île Saint-Honorat, elle, est tout entière occupée par un monastère cistercien. Ici, peu de forêt mais surtout des vignobles, ceux que cultivent les moines, présents ici depuis pas moins de… 1600 ans ! À côté du monastère actuel, construit au XIXe siècle, ne manquez pas son spectaculaire prédécesseur, véritable château-fort bâti sur la mer. Le monastère devait en effet se prémunir contre les attaques de pirates, longtemps monnaie courante en Méditerranée. De plus, l’île est ponctuée de vieilles petites chapelles, à découvrir au gré de balades. À noter : en parallèle du festival du cinéma de Cannes, l’abbaye organise un… festival de silence. Tout est dit !
 


Photo de couverture : à Porquerolles… | © giuvaclik – stock.adobe.com

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