Nice, flânerie matinale sur la Colline du Château

par Pierre
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Vue sur la mer à Nice.

À Nice, la Colline du Château est un vrai coup de cœur. À chaque fois que je suis dans la capitale azuréenne, j’y remonte inlassablement – et de préférence tôt dans la matinée. C’est là, et à ces heures, que l’alchimie nissarde prend le mieux : vous savez, ce délicat mélange d’exubérance et de secret, de couleurs et d’ombres, de reliefs et de douceur…

 

La Colline du Château, témoin d’un Nice méconnu


On résume trop souvent Nice à une histoire de soleil, de lumière, de faste insouciant. C’est vrai bien sûr, et ce n’est pas en vain qu’elle a si souvent attiré les artistes et les grandes fortunes. Mais c’est pour moi très réducteur. La Colline du Château nous le rappelle bien, elle le berceau de Nice… où plus personne ne vit !

La réalité est que Nice était avant tout cela une des plus formidables forteresses de la Méditerranée, charnière entre les cultures française et italienne ; une cité convoitée et redoutée, farouchement défendue…

Gravure ancienne du château de Nice.

La Colline du Château en 1691… Une toute autre impression, non ? © Archives départementales des Alpes-Maritimes.

Le mythe de Catherine Ségurane est évocateur : en 1543, cette lavandière aussi insolente que courageuse repoussa furieusement des soldats ottomans qui avaient réussi à prendre la porte Pairolière et s’apprêtaient à y planter un drapeau victorieux. Personne ne sait si la réalité colle vraiment à la légende… mais toujours est-il qu’elle incarne depuis plus de 450 ans l’esprit niçois par excellence.

C’est le roi de France Louis XIV qui brise les reins de ce Nice de jadis. En 1705, enfin, la citadelle est prise. On met alors un point d’honneur à détruire jusqu’à la dernière pierre ce nid d’aigle qui a donné tant de fil à retordre. Il faut des mois aux artificiers pour raser le château de Nice.

Vue panoramique de Nice.

Le vert de la végétation, le rouge des toits du Vieux-Nice, le bleu du ciel et l’azur de la mer…. © Carigami / Pierre Feisthauer

Et puis finalement, c’est le roi de Sardaigne Charles-Félix – à qui appartient Nice alors – qui trouve une nouvelle vocation au site. Cette colline était jusque-là entièrement déboisée pour des raisons stratégiques ? Il en prend le contrepied total : à sa place, il fonde en 1830 un immense jardin paysager. La Colline du Château se couvre d’arbres, de sentiers de promenades romantiques, d’une immense cascade artificielle… Le site guerrier est désormais dévolu à la rêverie.
 

Monter à la Colline du Château


J’avoue que la toute première fois que j’y suis monté, j’ai été très surpris : je ne m’attendais pas à grimper aussi sec. Pour moi la Colline du Château était un modeste surplomb au-dessus de la mer… Il s’agit en fait d’un véritable à-pic de presque 100 mètres de haut !

Et peu importe de quel côté on l’aborde, on plonge dans la végétation et les couverts. L’ascension à pied est ponctuée par des points de vue, des bancs, de petites terrasses. Souvent, on entend le murmure de l’eau ; dans tous les cas, la fraîcheur est de mise et peut se révéler salutaire quand Nice croule sous la chaleur….


Quatre chemins permettent de monter au Château, tous indiqués par des panneaux de signalisation jusqu’au “sommet” :

  • La montée Montfort, depuis le port Lympia et la rue de Foresta (donc côté est de la colline).
  • La montée du Château, depuis le Vieux Nice (si vous venez depuis le secteur place Saleya).
  • Toujours depuis la vieille ville (mais grosso modo depuis le côté place Garibaldi), il y a la courte montée Rondelly qui naît devant la jolie chapelle de la Visitation. Les deux montées depuis le Vieux Nice se rejoignent à leur fin, juste devant l’entrée du cimetière du Château.
  • La montée Lesage depuis le quai des États-Unis, cette corniche qui longe la mer et fait le tour de la colline pour relier le port Lympia à la Promenade des Anglais. C’est là que se trouve la tour Bellanda et l’ascenseur qui permet également accéder au sommet de la Colline du Château, ainsi que le spectaculaire monument aux morts de Rauba-Capeù, taillé à même le piton rocheux.

 

Que voir sur la Colline du Château ?


En réalité, il faudrait plutôt se demander ce qu’on peut voir “depuis” la Colline du Château, car c’est bien entendu avant tout pour ses panoramas somptueux que l’on y monte. Et je dis “somptueux” à bon escient car je ne connais pas d’autre ville qui permette de tels points de vue en plein centre-ville, dans autant de directions et qui proposent autant de variété…

Disons qu’il y a trois terrasses principales à ne pas manquer. La première est la terrasse occidentale, qui se situe en fait juste au-dessus de la cascade. La vue se déploie sur le Vieux Nice, sur la Promenade des Anglais, sur la baie des Anges et ses nuances inimitables de bleu.

Vue de Nice.

Depuis le sommet de la colline du Château, la vue sur la baie des Anges est tout simplement fantastique. © Carigami / Pierre Feisthauer

La seconde est la terrasse orientale, qui ouvre sur le port Lympia et ses pointus (les barques de pêche traditionnelles de Nice), ses yachts et les ferries qui attendent de partir pour la Corse ; au-delà, il y a la silhouette massive du mont Boron avec à ses pieds le cap de Nice.

Vue du port de Nice,

Au pied de la Colline du Château, le paisible port Lympia. © Carigami / Pierre Feisthauer

La troisième est la terrasse de la tour Bellanda. Ce panorama dégagé à mi-hauteur de la colline est sans doute le plus beau sur le front de mer niçois.

Vue de la mer à Nice.

Le fameux turquoise de la baie des Anges… © Carigami / Pierre Feisthauer

Au fil de la promenade, deux sites de la Colline présentent tout de même un bel intérêt. Il y a les ruines de l’ancienne cathédrale de Nice (pas bien grande à l’époque) ; tout ceci reste assez abscon, mais ce sont les derniers vestiges visibles du château.

Un monument sur la colline du Château à Nice.

Face à l’ancienne cathédrale, quelques vestiges romantiques… © Carigami / Pierre Feisthauer

Et puis surtout il y a le cimetière du Château, sur le flanc nord de la butte. Avec ses 3000 tombes, il est un peu le Père Lachaise niçois et sans aucun doute l’un des plus beaux de France, avec ses cyprès, sa chapelle aux tuiles colorées, ses marbres patinés par les temps, son étagement en terrasses. Pas étonnant qu’il ait attiré, pour leur dernière demeure, nombre de personnalités comme Léon Gambetta, René Goscinny ou le fondateur de la marque automobile Mercedes, Emil Jellinek.

Cimetière historique à Nice.

De nombreuses personnalités ont choisi le cimetière du château comme dernière demeure. On comprend pourquoi. © Carigami / Pierre Feisthauer

Il offre également un magnifique panorama sur la colline de Cimiez et surtout sur les premiers sommets des Alpes (massif du Mercantour) qui dépassent déjà les 1000 mètres d’altitude… Eh non, Nice n’est pas du tout une ville plate !
 

Quelques infos pratiques pour visiter la Colline du Château


En soi, il n’y a rien de bien sorcier à savoir pour accéder à la Colline du Château…

  • Horaires d’ouverture : elle est accessible tous les jours de la semaine de 8h30 à 18h du 1er octobre au 31 mars, de 8h30 à 20h du 1er avril au 30 septembre.
  • Tarif : l’entrée est libre et gratuite, de même que l’ascenseur.
  • Parking : un parking payant aérien est aménagé. L’accès se fait par la montée Eberlé (entrée à proximité de la place Garibaldi, via la rue Catherine-Ségurane).
  • Train touristique : un train touristique fait le tour de la vieille ville de Nice en incluant la montée sur la Colline du Château *. Il fait là-haut une pause de 10 minutes pour permettre de faire un tour rapide des terrasses.
  • Restauration sur place : un restaurant et un snack sont présents.
  • Pour les enfants ? : un grand oui ! Il y a un grand terrain de jeu, pas de circulation, de la place pour jouer, de la verdure partout, la Colline du Château est zéro pesticides et en plus l’ascenseur est gratuit donc parfait pour les poussettes.
  • À lire aussi : pour prolonger la visite, je vous partage mon coup de cœur pour le Vieux-Nice, juste en contrebas de la colline.

* Nota (30/04/2019) : Le petit train touristique, passé à l’électrique depuis le 1er janvier 2019, n’est plus assez puissant pour monter à la Colline du Château. La Ville de Nice promet un train plus puissant le plus rapidement possible.

2 commentaires

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Anna Kordelia 21 mai 2019 - 14:34

Merci pour cet article, l’histoire de Nice est vraiment intéressante !
Les photos sont belles 🙂

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Pierre 21 mai 2019 - 15:24

Merci beaucoup ! 🙂

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