Corse du Nord : mon itinéraire d’une semaine depuis Bastia ou Calvi

par Pierre
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Vue d'un village perché en Corse du Nord.

J’avais déjà concocté ↘️ un circuit en Corse du Sud, au départ d’Ajaccio ou de Figari ; ce n’est que justice que j’en consacre (enfin !) un à la Corse du Nord – ou Haute-Corse pour les puristes. Plus sauvage ? Peut-être. Plus authentique ? Je ne sais pas, même s’il est vrai que le tourisme apparaît ici plus lent, plus dilué quand dans le sud de « l’île de beauté. Une belle occasion de venir et de revenir encore en Corse pour vous faire une idée…!
 

Au sommaire

La carte de mon itinéraire en Corse du Nord

Bastia si discrète et si fière (1 jour)

Le cap Corse : la Corse du bout du monde (1 à 2 jours)

Le Nebbio, que de contrastes ! (1 à 2 jours)

Patrimonio, le roi des vins corses
Dolce vita à Saint-Florent
L’arrière-pays de Saint-Florent : aux sources de la Corse
Dans le désert des Agriates

Calvi, l’Île-Rousse : la Balagne, entre ciel et mer (1 jour)

L’Île-Rousse, une belle utopie corse
Les villages perchés de Balagne
Calvi, une citadelle dans un décor de rêve

Réserve de Scandola, calanques de Piana : les joyaux de la Corse (1 jour)

Autour de Corte, au cœur des montagnes corses (2 à 3 jours)

Le lac de Nino et ses pozzines
Corte, capitale secrète de la Corse
Du côté de Vizzavona

Hors du temps : en Castagniccia, royaume des châtaignes (1 jour)

Location de voiture, hébergement… Les infos pratiques

La location de voiture en Corse
Trouver son hébergement en Corse du Nord

 

La carte de mon circuit en Corse du Nord


Carte des choses à voir et à faire en Corse du Nord.
Je n’ai de cesse de rappeler qu’on peut passer des semaines et des semaines en Corse en ayant l’impression de toujours découvrir quelque chose de nouveau… Pour cet itinéraire en Corse du Nord, prévoyez au moins une semaine, voir plutôt 10 jours.

Je vous donne quelques indications de jours de visite pour chaque région, à vous de piocher dedans en fonction de vos centres d’intérêt. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser en commentaires, je me ferai une joie de vous aider à préparer votre séjour sur l’île de beauté !
 

Bastia, si discrète et si fière (1 jour)


Maisons colorées à Bastia en Corse.

Façades du port de Bastia.

Deuxième ville de Corse, Bastia ne se livre pas du premier abord comme Ajaccio, avec laquelle l’antagonisme est séculaire. La ville présente un visage âpre, à l’image de ces montagnes qui dévalent dans la mer et auxquelles elle s’accroche.

La cité s’articule en deux parties distinctes de part et d’autre du Vieux-Port, gardé par l’effigie baroque de l’emblématique église Saint-Jean-Baptiste.

Au nord du port, il y a Terra Vecchia, la vieille ville et le quartier des pêcheurs. Quelques vieilles rues conduisent à l’immense (300 mètres de long !) et riante place Saint-Nicolas. C’est le cœur vivant de Bastia avec ses palmiers, ses cafés et ses restaurants et en toile de fond, le ballet des ferries dans le port.

Au sud du Vieux-Port, c’est Terra Nova, le « nouveau quartier », regroupée à l’abri de la citadelle de Bastia. Ville dans la ville, il charme par ses ruelles hors du temps, mais aussi par les splendides panoramas sur la ville, la Méditerranée et les montagnes que l’on a depuis les remparts.
 

Le cap Corse, la Corse du bout du monde (1 à 2 jours)


Vue du cap Corse, en Corse du Nord.

Le cap Corse, comme un parfum d’ailleurs.

Ah, le cap Corse ! Une Corse à part et peut-être même, comme affirment certains, une troisième Corse après la Haute-Corse et la Corse du Sud. Cette péninsule longue et étroite offre le mariage incroyable de la montagne, de la mer et du vent.

Dans cette Corse livrée sans filtre aux éléments, on trouve une foule de petits villages dont certains sont abandonnés. C’est tout naturellement une région très prisée pour la randonnée puisque le sentier des douaniers permet d’en faire le tour dans des décors préservés de l’urbanisation, et de toute beauté.

À noter que le petit village de Luri que se tient chaque année (début juillet) la Fiera di u Vinu, la grande Fête des vins corses. Pour en savoir plus sur le cap Corse (il y a tant à en dire), je vous renvoie vers ↘️ l’article que je lui avais spécifiquement consacré.
 

Le Nebbio, que de contrastes ! (1 à 2 jours)


Le Nebbio est l’une des plus vieilles zones de peuplement et de culture corses. Ce vieux pays est uni autour d’une juxtaposition de décors et d’ambiances très, voire radicalement différents, ce qui le rend assez unique.
 

Patrimonio, le roi des vins corses

Patrimonio, ce n’est pas juste une histoire de production de vin. C’est aussi partir à la découverte de paysages paisibles, où le maquis cède la place aux stries des vignobles. Pour les découvrir, rien de mieux que d’emprunter sa route des vins.
 

Dolce vita à Saint-Florent

Vue de Saint-Florent en Corse du Nord.

Le petit port de Saint-Florent.

Il est de coutume de présenter Saint-Florent comme « le Saint-Tropez corse ». L’idée est là, la réalité un peu autre quand même : en soi, Saint-Florent n’est pas grand du tout. Le port semble même être plus vaste que le village lui-même.

Et même s’il y a un peu de clinquant en haute-saison, il se dégage tout de même ici une incroyable douceur de vivre : la baie fermée de montagnes apparaît comme un cocon dans la belle lumière du soleil couchant et la chaleur du jour qui ne part pas. C’est particulièrement agréable en soirée, quand vous serez attablés sur le port…
 

L’arrière-pays de Saint-Florent : aux sources de la Corse

Vue d'une vieille église en Corse du Nord.

L’église Saint-Michel de Murato.

Juste au débouché du village, ne manquez pas la vieille cathédrale du Nebbio, un petit bijou médiéval.

Ensuite, dans l’arrière-pays de Saint-Florent, le changement de décor est radical : ici, de petites routes vous conduisent à des villages de montagnes comme Santo-Pietro-di-Tenda par exemple, ou à Murato ou se trouve un autre pépite : la vieille église Saint-Michel de Murato et son panorama dégagé qui porte jusqu’à la mer.
 

Dans le désert des Agriates

Vue d'une plage en Corse du Nord.

La plage de l’Ostriconi, au débouché du désert des Agriates.

Dans ce désert, pas de dunes mais du maquis à perte de vue, sur 15 000 hectares. Le mot de “désert” vient surtout du fait qu’aucune route ne traverse le secteur, qui ne compte qu’un seul hameau : Casta.

C’est là encore un terrain de jeu formidable pour les randonneurs. Il n’y a aucune difficulté à arpenter le désert des Agriates, mais veillez à emporter beaucoup d’eau en été. Par le sentier du littoral, on peut découvrir quelques plages somptueuses comme celle de Saleccia, celle du Lotu (que vous pouvez joindre en bateau depuis Saint-Florent) ou encore celle de l’Ostriconi.
 

L’Île-Rousse, Calvi : la Balagne, entre ciel et mer (1 jour)


Cette zone littorale qui joint la plage de l’Ostriconi jusqu’à grosso modo la réserve de Scandola, s’enroule sagement autour du Monte Cinto. Dans ce piémont, autrefois terre de bergers, on a toujours un œil du côté des montagnes et l’autre du côté du bleu infini de la Méditerranée.
 

L’Île-Rousse, une belle utopie corse

Vue du front de mer à l'Île-Rousse, en Corse du Nord.

La tour et le phare de la Pietra, à l’Île-Rousse.

Ce qui frappe d’abord à l’Île-Rousse, c’est le joli site qu’occupe la ville, avec sa magnifique plage de centre-ville et quelques centaines de mètres plus loin, les accents bretons que l’on semble percevoir au phare d’île de la Pietra.

Ses quelques rues, sagement bâties selon un plan orthogonal, racontent aussi une jolie histoire. On se rappelle alors que l’Île-Rousse est une cité idéale voulue par Pascal Paoli, le « Babbu di a Patria » (le « père de la patrie corse ») au 18e siècle. La jolie colonnade du marché couvert abrite un des marchés corses les plus réputés.
 

Les villages perchés de Balagne

Vue d'un village de Balagne, en Corse du Nord.

Le village de Speloncato.

Un avis : ne rejoignez pas forcément Calvi en empruntant la route la plus rapide, la T30 qui suit le littoral. Non qu’elle soit moche – loin de là – mais c’est surtout l’occasion de prendre le chemin des écoliers et d’aller découvrir un peu par hasard de magnifiques villages perchés.

En vrac, je pourrais vous citer Lama, Monticello, le spectaculaire Sant’Antonino sur son piton (coup de cœur pour moi), Pigna, Corbara, Speloncato, Lumio, Lavatoggio, Galeria, Manso, Belgodère… Certes, il y a des villages perchés partout en Corse, c’est même la marque de fabrique de l’île, mais là il y toujours cette dualité de points de vue, à la fois sur la mer et sur les crètes altières du Monte Cinto.

 

Calvi, une citadelle dans un décor de rêve

Vue de Calvi en Corse du Nord.

La citadelle de Calvi, comme posée sur la mer.

Un somptueux site fortié bâti sur l’eau… Une des plus belles villes de Corse… Une vieille cité avec le Monte Cinto en arrière-plan (parfois encore enneigé si vous visitez la Corse assez tôt au printemps)… La pointe de la Revelatta avec son phare de l’autre côté… Voici Calvi, la capitale de la Balagne.

Il ne faut pas manquer de visiter la citadelle de Calvi. Outre les jolies rues pavées, on admire l’ancien palais des gouverneurs gênois, la ruine de ce que les Calvais considèrent comme la maison natale de Christophe Colomb, mais surtout les vues qui se déploient depuis les murailles, jusqu’au cap Corse…

Calvi est aussi considérée comme la capitale des polyphonies corses. Un festival célèbre, ↘️ les Rencontres de chant polyphoniques, leur est consacré début septembre.
 

Réserve de Scandola, calanques de Piana : les joyaux de la Corse (1 jour)


Vue d'un petit port en Corse du Nord.

La petite marine de Porto, entre Piana et Scandola…

Certes, officiellement, la réserve de Scandola et les calanques de Piana se situent dans le département de Corse-du-Sud. Mais je trouve que leur visite s’intègre mieux dans le circuit « nord ».

De part et d’autres des golfes de Girolata et de Porto se trouvent ces deux merveilles naturelles de la Corse. Au nord, la réserve naturelle de Scandola stupéfait par la beauté de ses reliefs rouges et tourmentés. Pas étonnnant : il s’agit là d’un très ancien volcan désormais englouti par la mer. Entièrement protégée de l’Homme depuis plus de 30 ans, sa découverte ne se fait qu’en bateau, au départ de Porto.

Au sud, ce sont les calanques de Piana : ici, une minuscule massif montagneux, au relief abrupt et déchiqueté, plonge à pic dans la Méditerranée. La petite route qui serpente entre les roches est spectaculaire au possible. Mais les calanques de Piana se parcourent aussi à pied, offrant d’éblouissants points de vue. Une balade en bateau vous permettra d’approcher au plus près des fantastiques falaises.

Pour leur biodiversité d’une grande richesse, autant terrestre que marine, elles sont inscrites sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.
 

Autour de Corte, dans les montagnes corses (2 à 3 jours)


À Porto, on prend la D84, une petite route en interminables lacets et on grimpe sans transition vers les montagnes et le cœur de l’île de beauté. Un itinéraire magnifique et vertigineux ; un parfait résumé de la Corse…
 

Le lac de Nino et ses pozzines

Vue d'un lac en Corse du Nord.

Les pozzines du lac de Nino.

En plein milieu de ce nulle part (cela fera plus d’une heure que vous serez parti de Porto… pour une trentaine de kilomètres à peine), voici le col de Vergio. C’est d’ici que part une des balades les plus emblématiques de l’île : le lac de Nino.

Pour cela, il faudra enfiler des chaussures de randonnée. En effet, pour cette promenade qui suit l’itinéraire du célèbre GR20, il faut compter quelque 8 heures de marche (pour 15 km. aller-retour).

Mais si vous êtes branché randonnée, le jeu en vaut la chandelle : entourés de crêtes acérées et de maquis, on aboutit à la légère dépression du lac de Nino (1743 m. d’altitude). Presque rond, c’est le 2e plus grand de Corse. Il repose dans de belles pozzines, ces prairies d’herbe tendre broutent tranquillement les chevaux sauvages.
 

Corte, capitale secrète de la Corse

Vue de Corte en Corse du Nord.

Le nid d’aigle de la citadelle de Corte.

Corte, c’est le cœur de l’île de beauté, dans tous les sens du terme. À mi-chemin de Bastia et d’Ajaccio, est la capitale culturelle de la Corse depuis le 18e siècle et l’œuvre politique de Pascal Paoli. Corte par exemple toujours le siège de l’Université de Corse).

En soi, Corte n’est pas très grande, et on ne peut pas dire qu’elle soit non plus très pimpante. Mais on ne peut manquer de visiter le site spectaculaire de sa citadelle, perchée sur un piton rocheux au milieu de la vallée. Elle abrite en outre le Musée de Corse.

Au sud-ouest de Corte s’étendent les gorges de la Restonica, que l’on peut emprunter partiellement en voiture (D623). Le mieux est de les parcourir à pied, jusqu’au lac de Melo ou celui de Capitello pour les plus sportifs.
 

Du côté de Vizzavona

Tout au sud des montagnes de Haute-Corse, il y a Vizzavona. Un hameau perdu au milieu de grandes forêts de pins et de hêtres, qui vit grâce à l’aura de sa… minuscule gare ! En effet, les randonneurs du GR20, peuvent ici rejoindre Bastia ou Ajaccio en train et couper en deux l’itinéraire, réputé pour être le plus difficile de France (mais aussi le plus beau).

Les alentours de Vizzavona sont propices à la randonnée (comme tant d’endroits en Corse) : ils regorgent de petites perles comme les ruines du fort de Vaux ou la cascade des Anglais. Un peu plus loin, il y le massif de Bastani et Ghisoni, LA station de ski corse


À noter : il y a du côté de Vizzavona et de Ghisoni un « échappatoire » vers la Corse du Sud et les plages de Porto Vecchio. Depuis Ghisoni, privilégiez le magnifique défilé de l’Inzecca (D344) vers Aléria ou Solenzara.
 

Hors du temps : en Castagniccia, royaume des châtaignes (1 jour)


Deux procs corses traditionnels.

Le porc noir de Corse est élevé en Castagniccia.

J’avoue que la Castagniccia est un de mes gros coups de cœur en Corse. Même les couleurs semblent ici différentes du reste de l’île : les arbres et le ciel offrent une variété infinie de verts et de bleus, qui tirent vers une espèce de gris indéfinissable propre à la Castagniccia. Les rochers des rivières virent à l’orange, à cause de l’eau chargée de bicarbonate de fer…

Cette petite région d’altitude enclavée tourne résolument le dos à la mer. Elle doit son nom à la profonde forêt de châtaigniers qui la recouvre. Fertile, arrosée, verte, riche, jadis très peuplée, elle est aujourd’hui un régal de silence.

Il y a une cinquantaine de villages blottis dans les recoins des vallons de la Castagniccia, souvent percés d’un fier campanile et d’une façade baroque. Parmi eux Morosaglia et le souvenir de Pascal Paoli ; La Porta, “capitale” de la Castagniccia, avec son église Saint-Jean-Baptiste (qui est sans doute la plus belle des églises baroques corses) ; Vescovato aussi.

La Castagniccia est aussi la seule région de Corse du Nord où est élevée le porc corse aux longs poils noirs et durs, le “Porcu nustrale” (ne pas confondre avec le cochon sauvage qu’on trouve un peu partout). Élevé en plein air, il fait le délice de la charcuterie corse : prisuttu, coppa de Corse et lonzu.
 

Location de voiture, hébergement… Les infos pratiques


 

La location de voiture en Corse

La location d’une voiture en Corse est un sujet à part entière. Non que ce soit compliqué (je vous rassure), mais il y a quelques petites choses à savoir, surtout si on veut réserver au meilleur prix. ↘️ J’ai tout résumé dans cet article si cela vous intéresse.

Voici par ailleurs, à titre d’information :

 

Trouver son hébergement en Haute-Corse

Voici un petit moteur de recherche pour trouver l’hébergement qui vous convient en Corse du Nord, que ce soit en ville (à Bastia ou Calvi par exemple), sur la côte (cap Corse ou Balagne) ou au cœur des montagnes (du côté du Monte Cinto ou plus vers Vizzavona) :



Booking.com


Crédits carte : Map tiles by Stamen Design, under CC BY 3.0. Data by OpenStreetMap, under CC BY SA.

1 commentaire

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Jacky Henri 16 août 2019 - 12:22

Super article, merci .

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