Pourquoi Avignon est la meilleure des destinations de vacances

par Pierre
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Abbaye et lavande en Provence.

Il me tardait de parler d’Avignon. Oui, j’aime cette ville, et j’en parle dans un article spécifique. Mais tout d’abord, je vais parler de ce qu’il y a… autour d’Avignon. Pourquoi ? Parce qu’il y a peu, je me suis amusé à calculer ce qu’on pouvait faire en une centaine de kilomètres autour de certaines villes. Eh bien, je suis resté stupéfait par les possibilités qu’offre Avignon…

 

Carte touristique de la région d'Avignon.

Voici ma carte des choses à voir autour d’Avignon.

Provence, Alpes, Cévennes, Languedoc, Ardèche, Camargue, nature et patrimoine exceptionnel, métropoles, petites villes, villages, Méditerranée, montagne… J’arrête là, je ne sais plus où donner de la tête. Je vous fais un petit inventaire non exhaustif, pour des excursions d’une ou deux journées (vous pouvez facilement opter pour une location de voiture à Avignon TGV).

 

Orange, Vaison-la-Romaine, Carpentras : trois perles en Vaucluse

Vue d'un arc de triomphe.

L’arc de triomphe romain à Orange.

Orange, Vaison, Carpentras… J’en oublie peut-être mais pour moi, cette « triade » est incontournable lors d’un séjour prolongé à Avignon. À Orange, l’antique Arausio, on reste évidemment bouche bée devant le théâtre antique, adossé à la colline Saint-Eutrope. Presque intact, son acoustique se révèle fabuleuse : il sert d’écrin aux Chorégies d’Orange, un des festivals lyriques les plus importants de France. Au nord de la vieille ville, on trouve également l’arc de triomphe romain, lui aussi l’un des mieux conservés qui soient. Ce n’est pas pour rien que les sites romains d’Orange sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Un peu le même topo à Vaison-la-Romaine, mais en plus petit, en plus intime. Ne manquez pas la visite du parc archéologique, avec son théâtre antique en point d’orgue, mais également le petit pont romain qui enjambe l’Ouvèze (ce petit pont romain qui résista vaillemment aux flots en furie lors de la dramatique crue de 1992 ; je n’étais pas vieux à l’époque mais j’ai encore les images en tête), et puis aussi sa délicieuse cité médiévale et son château, posés sur un piton rocheux.

Carpentras, au loin dominée par la crête rocheuse des Dentelles de Montmirail et de près par le campanile en fer forgé de son beffroi, est une charmante petite ville aux accents du Sud. Il suffit de se perdre dans son dédale de petites rues et de placettes. On découvre au hasard son beffroi donc (sur la place de l’Horloge), la cathédrale médiévale Saint-Siffrein et aussi et surtout la célèbre synagogue de Carpentras, la plus ancienne de France en activité (elle fut fondée en 1367) : la communauté juive, nombreuse dans le Comtat Venaissain, jouissait en effet d’une relative protection de la part des papes d’Avignon.

 

Au sommet du mont Ventoux, le « géant de Provence »

Au sommet du mont Ventoux.

Les paysages du mont Ventoux sont lunaires…

Depuis Avignon, on pourrait croire déjà un sommet des Alpes, paré de neiges éternelles… Mais non : il s’agit du mont Ventoux, LA montagne emblématique de la Provence. Culminant à 1911 mètres d’altitude, sa physionomie est reconnaissable entre toutes : un mont décharné, ouvert à tous les vents, et une calotte sommitale qui se résume à un amas de pierres claires qui lui confère une ambiance littéralement lunaire.

Son ascension par la route depuis Bédoin (sur exactement 21,6 km) est exceptionnelle : la route tournicote d’abord entre les conifères, la végétation se dissipe et soudain, dans le virage du Chalet Reynard, on plonge dans un autre univers…

Le mont Ventoux est également mythique pour les cyclistes du monde entier : étape bestiale du Tour de France, la pente atteint les 10 % et les conditions météo peuvent y être dantesques… Peu avant le sommet, la stèle rappelant la mémoire du cycliste britannique Tom Simpson, mort en juillet 1967 dans la fournaise du Ventoux, est là pour le rappeler. Automobilistes, prudence : en été, dès le tout début de matinée, la route peut être encombrée par des cyclistes du monde entier – beaucoup de Néerlandais – qui viennent se frotter au « Géant de Provence ».

Le sommet est marqué par la silhouette de l’émetteur télé de 60 mètres de haut. De la plateforme de l’observatoire, on jouit d’un panorama tout simplement inoubliable sur la Provence, la chaîne des Alpes (avec cette fois, les sommets enneigés pour de bon), la plaine du Rhône et au-delà, les contreforts des Cévennes… Petit conseil encore : en été, n’oubliez pas un gilet, car le vent peut être très frais.

 

De Gordes à Roussillon, tout l’art de vivre du Luberon

Rochers orangés parmi les pins.

L’ocre est indissociable du Luberon.

Mettons-nous d’accord tout de suite : le massif du Luberon (évitez de prononcer “Lubéron”…) est une destination de vacances à lui seule. Mais c’est aussi un fort joli road trip à faire au départ d’Avignon, pour un ou deux jours.

Le Luberon sonne encore et toujours comme une destination hors du temps, empreinte d’une touche d’élégance, de bon goût (dans tous les sens du terme… faites donc un tour au marché d’Apt, vous m’en direz des nouvelles), lente et silencieuse, bucolique et agricole… Les Anglo-Saxons en raffolent particulièrement.

Il serait trop long de détailler tous les villages perchés aux teintes du miel, souvent classés parmi les Plus beaux villages de France, qui parsèment le Luberon. On peut citer Gordes bien sûr, sans doute le village le plus connu, perché sur sa colline, ouvert sur tout le Luberon, avec son château magnifique et non loin du bourg l’ancienne abbaye cistercienne de Sénanque, perdue en été derrière les “chenilles” violettes de ses champs de lavande ; ou Ansouis, Oppède-le-Vieux, Roussillon et ses anciennes carrières d’ocre, Lourmarin où repose Albert Camus (l’argent tiré de son prix Nobel reçu en 1957 lui permit de s’acheter la maison de ses rêves dans le village), Ménerbes, Bonnieux, Lacoste ou encore Rustrel et son fameux « Colorado provençal »

 

Des Baux à Saint-Rémy : une journée dans les Alpilles

Un village perché en Provence.

Le village des Baux-de-Provence dans les Alpilles.

Au sud d’Avignon, comme un dernier rempart avant le delta du Rhône, se dresse la barre rocheuse du massif des Alpilles. Oh, on n’y fera pas de ski, c’est certain, mais par contre le massif est un petit paradis pour la randonnée et il renferme quelques petites merveilles qu’il ne faut pas rater.

Tout d’abord : le vieux village de Baux-de-Provence. Classé parmi les plus beaux villages de France, il trône sur un éperon rocheux. Il se résume à une rue étroite toute provençale, avec ses façades de pierres sèches et ponctuée de cyprès qui conduit au château, tout en haut du piton. Et c’est là qu’on prend vraiment la mesure du site spectaculaire des Baux-de-Provence ; les points de vue sur la Provence et jusqu’à la Méditerranée sont de toute beauté…

Sur le versant nord des Alpilles, on trouve la “capitale” du massif : Saint-Rémy-de-Provence. Ne manquez pas le superbe site archéologique de Glanum, dont les ruines vous replongent dans la vie d’une petite cité gallo-romaine. Le village est également intimement lié à la figure de Vincent Van Gogh, qui y passa un an, tout à la fin de sa vie, à l’hôpital psychiatrique de Saint-Paul-de-Mausole (ce qui ne l’empêchait pas d’être incroyablement productif).

Et côté Rhône, vous pourrez faire un crochet par Fontvieille où se dresse le moulin d’Alphonse Daudet. L’auteur de Tartarin de Tarascon, du Petit Chose et des bien nommées Lettres de mon moulin, venait régulièrement chercher l’inspiration dans ce décor de garrigue aux doux points de vue sur la vallée du Rhône.

 

Entre terre, ciel et eau : Arles et la Camargue

Chevaux dans un étang en Provence.

Les chevaux en liberté sont un des symboles de la Camargue.

Arles, porte d’entrée de la Camargue, contemple paisiblement le Rhône qui va achever bientôt sa course… Le charme de cette ville plusieurs fois millénaires est indescriptible. On se promène avec bonheur dans ses vieilles ruelles, on admire ses monuments prestigieux (les arènes et le théâtre antiques, le cimetière des Alyscamps, la vieille basilique Saint-Trophime et son cloître, etc.) ou on prend le temps de déambuler aux Rencontres d’Arles, qui propose chaque été le meilleur de la photographie.

Et puis ensuite, il suffit de plonger dans l’univers unique de la Camargue, où l’eau et le ciel se confondent, où règne un étrange sentiment de liberté… Mais je n’en dis pas plus : j’avais écrit un article spécialement dédié à la Camargue.

 

Balade à Nîmes, la fière Languedocienne

Temple romain à Nîmes.

La Maison Carrée est un temple romain intact.

Il y a des airs de Provence, les Romains, la gouaille et l’accent sont bien là, mais assurément ce n’est plus la Provence : bienvenue à Nîmes. Je reparlerai à coup sûr de cette ville dans un autre article, car elle a un charme fou et une identité à fleur de peau – elle aime la tauromachie et a un crocodile comme emblème.

Ses monuments de l’époque romaine sont immanquables, et notamment les arènes de Nîmes (épicentre de la célèbre Feria de Pentecôte), la Maison Carrée (un temple romain intact, réputé pour être le mieux conservé du monde), ou encore la tour Magne sur le mont Cavalier, dernier vestige des remparts romains. De là haut, vous jouirez d’un superbe panorama sur les vieux toits et les monuments de Nîmes. Pour vous y rendre, empruntez les beaux jardins de la Fontaine, parsemés de vestiges antiques.

Petite anecdote au passage : saviez-vous que Nîmes est le berceau du jeans ? La toile de Nîmes (le… “denim”) était teinte au bleu de Gênes. Un “bleu de Gênes” qui, prononcé par les dockers américains, est devenue le “blue jeans”.

Si vous avez le temps, faites une pause (deux plutôt) entre Nîmes et Avignon pour visiter Beaucaire et Tarascon. Les deux vieilles bourgades médiévales se font face de part d’autre du Rhône (Beaucaire est en Languedoc et Tarascon en Provence) et entretiennent une rivalité de plusieurs siècles.

 

Les Cévennes, immense terre d’aventures

Forêt et montagne dans les Cévennes.

Âpre et sauvage, tel est le paysage des Cévennes.

Depuis Avignon, si vous prenez la direction des Cévennes, deux étapes pourront s’imposer sur votre route : en premier lieu le célébrissime pont du Gard, acqueduc romain parfaitement conservé et/ou la petite cité au charme fou d’Uzès, dominée par ses tours (celle du Duché, de l’Évêché et du Roi, sans compter le joli clocher rond de sa cathédrale).

Une fois passé Alès, vous pénétrez alors dans la terre mystérieuse et sauvage, les lignes tantôt tourmentée tantôt douces, dans l’océan, le désert vert et noir des Cévennes. Au sommet du mont Aigoual, les points de vue sont magnifiques et l’observatoire qui s’y trouve rappelle que les phénomènes météorologiques qui se déroulent dans le massif sont parmi les plus extrêmes de l’Hexagone : pluviométrie record, chaud et sec en été, neige… Le terme d' »épisode cévenol » est même réservé à un orage d’une rare violence, souvent dévastateur, qui se concentre en un point et accompagné de monumentales trombes d’eau. Ce n’est pas pour rien.

Le parc national des Cévennes est bien entendu un des hauts lieux de la randonnée en France. Le GR70, appelé aussi « Chemin de Stevenson », doit son nom au romancier d’aventures écossais Robert Louis Stevenson (auteur entre autres de L’Île au trésor) qui parcourut en 1878 la région, seul avec son âne Modestine.

 

En canoë ou en voiture, au fil des gorges de l’Ardèche

Canoes passant sous une arche rocheuse.

Le pont d’Arc est une merveille de la nature.

Au nord-ouest d’Avignon, autre changement de décor avec les gorges de l’Ardèche, décor somptueux tout de blanc et de vert où l’eau (qui elle-même a des teintes vertes) a entaillé la montagne sur plusieurs centaines de mètres de profondeur….

L’entrée dans les gorges se fait via Saint-Martin-en-Ardèche, au-delà de Pont-Saint-Esprit. Quoi dire sur les gorges de l’Ardèche ? Les mots manquent. Pour moi, il faut impérativement parcourir la trentaine de kilomètres de la D290 (ou « Route touristique des gorges de l’Ardèche »), de préférence dans la lumière du matin… même si les gorges sont envahies de brouillard, l’effet est très spectaculaire. Arrêt quasi obligé à chacun des 11 belvédères aménagés (coup de cœur pour le belvédère des Templiers et la vue sur le cirque de la Madeleine).

En été, on peut descendre les gorges de l’Ardèche en canoë (niveau : accessible à tous), pour voir les gorges et passer sous le pont d’Arc, arche naturelle de 60 mètres de haut environ, qui enjambe la rivière et clôture en beauté le parcours.

De part et d’autres de la route des gorges, il y a d’autres petites merveilles à dénicher comme les grottes de la Madeleine, la grotte de Saint-Marcel, l’Aven d’Orgnac ou encore la Caverne du Pont-d’Arc : celle-ci est une réplique exacte de la grotte Chauvet, non visitable, et qui abrite des fresques incroyables de la préhistoire.

 

Je m’arrête là, mais j’aurais tant à dire encore… Si vous avez le temps, vous pouvez encore pousser jusqu’à Aix-en-Provence, à Montpellier ou à Marseille… Le tout à moins de 100 km ou presque d’Avignon.

Et vous, quels sont vos bons plans ? Vos coups de cœur que j’aurais oubliés ?

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