Venise à la campagne : zigzags romantiques en Vénétie

par Invité
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Des hautes cimes des Dolomites, elle dévale vers les collines du Prosecco. Au milieu des vignes, poussent les cités d’art avec leur fleuve, leurs clochers et leurs murailles. Puis la plaine s’interrompt pour laisser place aux lagunes, celle de Venise ou du delta du Pô. Enfin, les eaux thermales surgissent entre les monts Euganéens, ces collines volcaniques chères à Pétrarque…

Elle, c’est la Vénétie, une région du Nord-Est de l’Italie. Elle nous invite à prendre la route pour découvrir l’un après l’autre ses trésors. Alors, avant d’arriver à Venise, faisons un tour sur ces terres dominées par la Sérénissime jusqu’à sa chute en 1797. Au départ de Vérone, desservie par un aéroport international, embarquons pour un voyage gastro-touristique en Vénétie…

 

Un amour de Vérone (Verona)


Les arènes de Vérone. © L’Occhio di Lucie

Bien sûr, l’ombre de Roméo et Juliette, les amants Véronais imaginés par Shakespeare, plane sur la ville. Même si le couple est le fruit de l’imagination de l’auteur, les amoureux du monde entier ne se lassent pas de visiter la maison de Juliette et son balcon, lieu d’un pèlerinage romantique quotidien pour des milliers de couples. Ensuite, main dans la main, ils déambulent dans les rues colorées où les façades rivalisent de beauté.

Fondée durant l’Antiquité, Vérone conserve les traces des périodes artistiques qui s’y sont succédé. C’est sur la Piazza dei Signori que s’exprime le mieux cette multiplicité des styles. De la loggia di Fra Giocondo, apparaissent les rayures du Palazzo della Ragione, du XIIe siècle, les lions qui rappellent la domination vénitienne et les créneaux médiévaux du Palazzo del Podestà.

À quelques ruelles de là, sous les arches, on lève le coude pour goûter les excellents vins des terroirs alentours en savourant une gastronomie généreuse, où la polenta et la charcuterie occupent une bonne place. Pour digérer, on continue vers le fleuve, à traverser par le ponte Pietra pour sa vue parfaitement romantique sur les berges.

✳️ Une bonne adresse : « Al carroarmato » (Vicolo Gatto 2A), bons vins et gastronomie locale.
📌 Prochaine étape : Vicence (Vicenza), à 50 minutes de voiture.
 

Palladienne Vicence (Vicenza)


L’extraordinaire Teatro Olimpico de Vicence. © L’Occhio di Lucie

Préparez-vous : Vicence va vous laisser bouche bée. C’est peut être une des villes italiennes auxquelles on s’attend le moins, tant sa beauté est peu connue au delà des Alpes. Pourtant, elle est taillée comme un joyau. Normal : c’est la ville où repose Andrea Palladio, architecte de génie qui a donné à Venise ses plus belles églises.

Avec pour sésame ↘️ la Vicenza Card (12 € et valable 7 jours – conditions 2019), on part à la découverte de la ville sur les traces de l’architecte et à travers ses palais insoupçonnés. À commencer par le Teatro Olimpico, qui sert encore d’écrin à des concerts et des spectacles. Depuis les gradins, on s’amuse à déjouer le jeu de perspectives créé par le Palladio. L’espace scénique est démultiplié en trompe-l’œil : sept rues, imitant la Vicence de son temps, se rejoignent au centre de la scène, mais il est impossible d’en voir plus de trois à la fois !

Pour se remettre de ces vertiges architecturaux, on continue vers le Tempio di Santa Corona et son Baptême de Jésus peint par Bellini, puis au musée de Palazzo Chierati, à la riche collection présentée dans un cadre baroque. Si les musées et les églises vous ennuient, promenez-vous dans le centre et ses ruelles bordées d’arcades basses interrompues de plusieurs placettes tranquilles.

✳️ Mon conseil : évitez de programmer votre visite le lundi, jour de fermeture de la majorité des sites.
📌 Prochaine étape : Bassano del Grappa, à 45 minutes de route.
 

Bassano del Grappa, à l’ombre des Dolomites


Bassano vue depuis son château. © L’Occhio di Lucie

Une petite ville vallonnée posée au pied des Dolomites. Parsemée de touches colorées d’orange, de jaune ou de beige, autant de façades historiques qui se reflètent sur les eaux du Brenta, sa rivière. C’est ici qu’est produite la Grappa, eau-de-vie préparée à partir du marc de vin et tirant de 37 à 60°.

Les amateurs iront en déguster un verre sur le Ponte degli Alpini, un pont de bois piéton dessiné par le Palladio, où s’est installé un bar, avant de visiter le musée Poli, un fabriquant. Le corps renforcé, on s’attaque au château, sur les hauteurs de la ville, d’où admirer la campagne environnante.

📌 Prochaine étape : direction Trevise à une cinquantaine de kilomètres. Possible détour : ceux qui souhaitent découvrir les collines où sont produites le Prosecco iront jusqu’à Conegliano, où déguster directement à la cave.
 

Trévise (Treviso), belle endormie


Les berges du Sile à Trévise. © L’Occhio di Lucie

C’est la belle provinciale assoupie au bord du Sile. Sur ses eaux, les canards font leur toilette, sur la rive, les étudiants prennent le soleil, bref, la vie s’écoule, tranquille. Au cœur d’une province d’Italie riche et industrieuse, Trévise a l’atmosphère d’un gros village et le charme d’une ville historique.

On y passe avec plaisir une après-midi à marcher entre cours d’eau et rues pavées, ou une matinée à flâner autour du marché aux poissons, situé sur l’Isola della Pescheria.

Avant de repartir, goûtez au légume local, le radicchio di Treviso, une variété d’endive violette au goût amer, préparée en risotto avec de la saucisse.

📌 Prochaine étape : Padoue (Padova), à 50 kilomètres.
 

Padoue (Padova), effervescente et bon enfant


Le Prato della Valle, symbole de l’art de vivre padouan. © L’Occhio di Lucie

Ville étudiante, Padoue vibre d’activité. Dès l’arrivée en ville, vélos et trams s’entrecroisent devant les palais de la Renaissance, les anciennes murailles romaines ou sur les ponts de pierre qui enjambent le Bacchiglione. On entre petit à petit dans son centre historique, s’arrêtant autour du Palazzo della Ragione sur la Piazza della Frutta pour faire son marché.

Alors que les ruelles tortueuses du centre historique nous capturent, soudain, une vaste étendue d’herbe. C’est le Prato della Valle, une des plus vastes places publiques d’Europe. Ceinte d’un canal bordé de statues, c’est une île verte en pleine ville ou viennent se reposer ou se promener les habitants.

Après vous y être ressourcé, poursuivez encore un peu jusqu’à la ↘️ chapelle des Scrovegni, bijou médiéval peint par Giotto (réservation obligatoire !), puis vers la basilique Saint-Antoine-de-Padoue (son tombeau, sublime, est à l’intérieur) ou vers l’Orto Botanico, l’un des plus vieux jardins botaniques d’Europe aux essences surprenantes.

📌 Prochaine étape : les Colli Euganei, à environ 20 kilomètres au sud de la ville.
 

Les collines Euganéennes, l’oasis inattendue


À Monselice (à g.) et Arqua Petrarca (à dr.)… © L’Occhio di Lucie

Nées d’un terrain volcanique aujourd’hui éteint, ces collines surprennent au milieu de la plaine. Vertes, escarpées, resserrées sur leur monde, elles cachent un univers où les stations thermales et les villages paisibles sont légion.

C’est la virée du week-end préférée des Padouans qui savent qu’on y trouve de petites « osterie » où manger la cuisine locale : pâtes au ragoût de canard, en sauce aigre-douce, magrets ou légumes grillés… Une échappée gastronomique à compléter par la découverte des villages.

Monselice, d’abord, avec son chemin de croix qui porte à un panorama sur la ville et les alentours. Puis Arqua Petrarca, nommée d’après le poète et considérée comme l’un des plus beaux villages italiens. Enfin, perdue dans la campagne, l’Abbazia di Praia, immense complexe religieux dont vous visiterez l’église, le réfectoire, les jardins et les citernes.

📌 Prochaine étape : cap sur Chioggia, à 55 kilomètres.
 

Chioggia, petite sœur de Venise


Comme un air de Venise à Chioggia… © L’Occhio di Lucie

Il est temps de découvrir le visage maritime de la région, qui ne se limite pas à Venise et sa lagune. Au sud de celle-ci, la petite ville de Chioggia s’étend sur une poignée d’îlots et une bande de sable. Activité traditionnelle, la pêche en lagune continue de faire vivre une partie de la population.

Le long des quais, sont amarrées des barques colorées. Ce sont les bragozzo, particulièrement adaptés à la lagune grâce à leur fond plat. Ici, il ne faut pas manquer le marché aux poissons et la promenade autour des canaux, qui fourmillent de petits restaurants et de bars où les Chioggiottes prennent le temps de déjeuner ou de boire un prosecco. Un petit air, déjà, de la Sérénissime.

📌 Prochaine étape : de Chioggia, longez la lagune pour gagner Venise, à 53 kilomètres de là.
 

Venise, l’incountournable


Canal et église à Venise.

Au fond, la Madonna dell’Orto. © L’Occhio di Lucie

Terminer un voyage en Vénétie par Venise, c’est arriver à la Sérénissime après un tour dans ses anciennes terres, « la campagne », comme disent les Vénitiens. D’un seul coup, l’écho des symboles, lions et monuments vus sur les places de Padoue, Trévise ou Vérone résonnent pleinement…

Au milieu de la lagune, la cité des Doges conclut idéalement le périple par une pause hors du monde et du temps. Plus de voitures, seuls les vaporettos et les gondoles. Des nuits noires silencieuses, des aubes de feutre sur la place Saint-Marc, des ruelles emmêlées, des promenades iodées sur les Zattere… Venise a tant à raconter…

Une étape de quelques jours permettra de savourer son atmosphère unique : marché du Rialto, mosaïque d’or de la Basilique Saint Marc, arcs gothiques du palais des Doges ou de la Ca’ d’Oro, la ville tient ses promesses et dévoile ses Histoire(s) aux visiteurs curieux de la connaître.

📌 À bientôt : Retour par l’aéroport Marco Polo ou en train de nuit (ligne Paris-Venise via Thello).
 
 

À propos de l’auteur

Venise et la Vénétie, Lucie Tournebize les connaît bien : elle y vit ! Elle nous partage avec la même passion ses découvertes en Italie sur son site Venise à votre image et sur son blog L’Occhio di Lucie. C’est à elle que l’on doit sur ce magazine ces articles qui donnent envie de voyager dans la Botte :

 
 


Crédits carte : Map tiles by Stamen Design, under CC BY 3.0. Data by OpenStreetMap, under CC BY SA.

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LA PERNA 31 octobre 2019 - 12:23

Bonjour Lucie,
Merci pour ce post qui est très intéressant ! J’aimerai me faire un petit roadtrip d’une semaine en Venetie, penses tu que ce trip est réalisable en une semaine ? Que recommandes tu en termes de timing par ville ?
Je pensais aussi pousser jusqu’au lac de garde 🙂
Merci pour ton aide
Manon

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