Italie : mon odyssée autour de Naples

par Invité
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Vue de la côte de Procida près de Naples.

On y croise monstres, héros grecs, saints personnages, créatures légendaires, dignitaires romains en vacances, empereurs et poètes. Les alentours de Naples sont une terre fertile, où poussent l’Histoire et les mythes issus de l’imagination des Hommes. Sur les traces de ces personnages, réels ou fictifs, notre voyage autour de Naples nous emmène en une odyssée singulière et transversale à travers les époques, les paysages, la littérature et les parfums méditerranéens.

 

 

Autour de Naples : une carte pour se repérer

Carte des choses à voir autour de Naples.

Naples (Napoli), capitale de la Campanie, est située au bord de la mer Méditerranée. C’est un port pavé de pierre noire, volcanique, fournie par le Vésuve dont la silhouette n’est jamais loin. Pour en savoir plus sur Naples : un article sur les incontournables de la ville et une balade coups de cœur hors des sentiers battus (il arrive très vite, promis).

En sortant de la ville vers l’ouest, par la côte, on entre dans les champs Phlégréens, d’où l’on aperçoit sans cesse les îles qui ponctuent le golfe. En descendant vers le sud, on rencontre le Vésuve et ses sites archéologiques majeurs, dont on peut faire le tour en train via la Circumvesuviana. Encore un peu plus bas, c’est la célèbre côte amalfitaine, avec ses villages en terrasse enfouis dans les citronniers. En poussant encore un peu plus au sud, on arrive à Paestum, incroyable cité grecque.

Dans les terres au nord de Naples cette fois, enfin, on pousse jusqu’à Caserte pour arpenter la Reggia, une Versailles italienne.
 

Sous le Vésuve


79 après J.-C., le Vésuve se réveille. Son éruption, dévastatrice, emporte plusieurs villes situées sur le littoral. Recouvertes de cendres et de lave, elles tombent dans l’oubli, jusqu’à leur redécouverte au XVIIe siècle, dans un état de conservation rare. Deux sites sont activement fouillés par les archéologues et ouverts au public : Pompéi et Herculanum.
 

Étape 1 – Pompéi

C’est la plus connue des deux zones archéologiques, et aussi la plus vaste. Chaussez-vous confortablement, et préparez-vous à passer la journée à battre le pavé.

Les rues, bordées de boutiques ou de villas où sont encore disposés amphores, objets du quotidien ou statues, nous donnent la mesure d’une ville romaine sous l’Antiquité. Intérieurs peints, fresques et mosaïques complètent le tableau. Mais la découverte la plus marquante de Pompéi est celle des corps, engloutis alors qu’ils tentaient de fuir : la lave, en les enveloppant, en a conservé la forme et la position, en un moulage de la catastrophe.
 

Étape 2 – Herculanum (Ercolano)

Ruines d'Herculanum près de Naples.

Dans les rues d’Herculanum, (presque) comme au temps de Romains… © L’Occhio di Lucie

Autre cité au destin tragique, Herculanum est moins connue que sa voisine Pompéi. Les deux villes partagent pourtant le même destin et présentent un état de conservation similaire. Le site d’Herculanum, plus petit, présente l’intérêt de rendre bien visible les stratifications de la ville, avec plusieurs niveaux.

Passée la passerelle en bois qui conduit sur le site, on se prend pour un Romain, entrant dans les sublimes thermes aux mosaïques précieuses, faisant son shopping d’une boutique à l’autre. Les comptoirs aux larges amphores, les demeures patriciennes et les logements des esclaves achèvent de nous immerger dans l’Histoire.
 

Étape 3 – Le Vésuve (il Vesuvio)

Vue du Vésuve en Italie.

Le Vésuve, géant visible de partout à Naples… © L’Occhio di Lucie

Sa silhouette aux courbes douces est omniprésente à Naples. Sur les boîtes de pizza, en toile de fond des promenades sur le bord de mer, il est dans le cœur des Napolitains. La lumière du jour en fait varier les couleurs du noir profond au violet, gris, bleu ou vert sombre.

C’est pourtant l’un des volcans les plus dangereux au monde. Toujours en activité, il est aussi extrêmement urbain : depuis l’Antiquité, et encore aujourd’hui, de nombreuses villes s’épanouissent sur ses flancs. On peut cependant grimper au sommet du cratère sans risques.

Depuis Herculanum, il faut suivre les indications « Vesuvio » et emprunter la via Cupa Monti qui est asphaltée jusqu’à 1000 m. d’altitude. Ensuite, c’est à pied que vous monterez en direction du cratère, profitant de la vue sur les flancs du volcan et les environs.

Soyez attentifs à la météo, en cas de mauvais temps, on se retrouve la tête dans les nuages et la randonnée perd de son intérêt !
 

Les champs Phlégréens (Campi Flegrei)


La côte au-dessus de Naples est, de mémoire grecque, une zone « chaude ». Les Campi Flegrei, qu’on pourrait traduire par « champs brûlants », ont une intense activité hydrothermale. En géologie, on dirait qu’il s’agit d’une caldeira, une dépression du sol formée suite à une éruption. Fumerolles et sources chaudes en ont fait un « hot spot » dès l’Antiquité où les riches dignitaires romains aimaient venir se détendre.
 

Étape 4 – Pouzzoles (Puzzuoli)

Amphithéâtre romain près de Naples.

Dans les allées du petit Colisée de Pouzzoles… © L’Occhio di Lucie

Première étape en venant de Naples, la jolie ville de Pouzzoles, en pente au bord de l’eau. Méditerranée, amandiers, citronniers… Une trinité qui parfume l’air d’une douceur de vivre que n’entachent pas les effluves de soufre qui s’échappent de la Solfatara. Le site, actuellement fermé car dangereux, est parfois cité par les Grecs comme la porte des enfers.

Plus bas, à quelques encablures de la mer, les arches de l’amphithéâtre Flavien désorientent : l’espace d’un instant, on se croirait face au Colisée de Rome, en version réduite. Normal, les architectes qui travaillèrent au projet sont les mêmes que ceux qui édifièrent le Colisée, au Ier siècle après J.-C.

Comme à Rome, des ascenseurs manuels cachés sous la scène permettaient de faire surgir fauves et gladiateurs pour assurer le spectacle. Par une large tranchée centrale, on raconte même que les Romains étaient capables de faire apparaître une forêt entière, comme par enchantement.
 

Étape 5 – Baïes (Baia)

Qui dit zone balnéaire dit détente et spa. Après un spectacle sur les bancs de l’amphithéâtre Flavien, les Romains pouvaient continuer vers Baïes pour profiter de ses thermes exceptionnels. Les vertus des eaux sulfureuses ou salines aux propriétés thermales ont fait de la ville un lieu important, avec villas, temples et bains.

Très peu fréquenté, le site est aujourd’hui le royaume des chats et des quelques touristes qui poussent jusque-là. C’est ainsi que le temple de Mercure reste une merveille méconnue : sous la voûte, qui lui confère une acoustique unique, les Romains se délectaient de bains froids.

Suite à un affaissement du terrain, une partie du site se trouve désormais sous l’eau : il faut alors enfiler palmes et masques pour poursuivre la visite et admirer certaines mosaïques. Le Centro Sub Campi Flegrei organise des immersions avec ou sans bouteilles pour tous les niveaux.
 

Étape 6 – Cumes (Cuma)

Tel Enée, le héros de Virgile, on est tenté d’interroger la sybille de Cumes avant d’entreprendre une nouvelle aventure. La trouverez-vous au fond de l’antre souterrain où elle aurait opéré ? Sur ses traces, vous pourriez aussi croiser Apollon ou Zeus, dont les temples érigés par les Grecs sur cette ancienne colonie subsistent encore.

Attention : pour visiter Cumes, louer une voiture à Naples est pratiquement indispensable, car les transports en commun au départ de Naples sont lents et très aléatoires.
 

Étape 7 Paestum

Temple près de Naples.

Le temple grec de Paestum est incroyablement bucolique au printemps. © L’Occhio di Lucie

Conquise par les Romains au IIIe siècle avant J.-C., c’est aux Grecs que Paestum doit son charme bucolique. Sur une vaste étendue d’herbe que le printemps couvre de pâquerettes, les temples de Héra, Poséidon et Athéna, bâtis aux alentours de -600, impressionnent par leur état de conservation.

Tout autour, les ruines des quartiers résidentiels, la piscine, le forum, donnent une idée précise de la vie quotidienne sous l’Antiquité. Abandonné de ses habitants à cause de l’ensablement du port, de la malaria et de la menace des pirates sur les côtes, le site est redécouvert au XVIIIe siècle par les voyageurs du « Grand Tour » qui se passionnent pour ses ruines romantiques où flotte l’odeur des brebis.
 

Étape 8 – Caserte (Reggia di Caserta)

Fontaine à Caserte près de Naples.

Dans les jardins de la Reggia de Caserte / © L’Occhio di Lucie

C’est pour rivaliser avec les demeures royales de Versailles et de Madrid que les Bourbons demandèrent à l’architecte Luigi Vanvitelli de réaliser les plans de la Reggia di Caserta en 1752.

Mission accomplie : aujourd’hui, c’est la résidence royale qui occupe la plus importante superficie au monde. Prévoyez de bonnes chaussures pour arpenter la maison des Bourbons, car les jardins, succession de statues et de fontaines, sont immenses.

La promenade est charmante et porte, d’une cascade à un bassin, jusqu’à la fontaine de Diane et Actéon, autre divinité de la chasse. De là, une surprise vous attend : par un jeu de perspective, les distances semblent s’annuler, et le palais de la Reggia bien plus proche qu’il ne l’est réellement.

Au retour, la déambulation continue dans les salles, monumentales, où une débauche de lustres, d’or et de fresques ravissent le visiteur.
 

Sur les îles du golfe


Sans craindre le chant des sirènes, laissez l’aventure vous porter au large de Naples. Pour les Romains, les monstres à la voix douce décrits par Ulysse se cacheraient quelque part autour de Capri. Au risque de finir dévoré par ces monstres féminins, répondons à l’appel envoûtant des îles parfumées du golfe de Naples.
 

Étape 9 – Ischia

Plage et château près de Naples.

Castello Aragonese : Ischia, un certain art de vivre… @ L’Occhio di Lucie

Île volcanique dominée par la cime du Monte Epomeo, un cratère éteint, Ischia est un autre monde. Châteaux, églises, sources thermales, plages de sable, rochers, grottes, jardins de paradis et spécialités gastronomiques, on pourrait lui dédier une semaine de vacances entière. Comme Elena, l’héroïne de L’amie prodigieuse, qui vient y passer l’été loin de Naples.

En une journée, débarquez à Ischia Ponte pour commencer par une visite du Castello Aragonese. Un bus faisant le tour de l’île vous emportera ensuite jusqu’à Forio, village blanc où se promener jusqu’à la Chiesa del Soccorso, posée au bout de la falaise. Ensuite, optez pour un bain thermal à l’établissement Poseidon ou pour un aperitivo sur le port branché de Sant’Angelo, avant de repartir pour Naples en fin de journée.

Si vous avez envie de bouger, vous pouvez choisir d’entreprendre l’ascension au Monte Epomeo. On part alors du village de Serrara Fontana, accessible en bus, pour suivre le parcours fléché. En redescendant, on peut prendre les sentiers, toujours fléchés, qui mènent à la Spiaggia dei Maronti : une étonnante plage semée de fumerolles qui rendent le sable pratiquement brûlant !
 

Étape 10 – Procida

Port sur l'île de Procida, près de Naples.

Gaie, colorée, douce : voici l’île de Procida. © L’Occhio di Lucie

Dès qu’on les aperçoit, les façades colorées du port de Marina Grande appellent à se perdre dans le dédale de leur ruelles. L’île, étroite et densément peuplée, est une symphonie de fleurs et de maisons en escalier avec pour partition le bleu de la mer.

À peine débarqués, prenez des forces en commandant une lingua al limone au café Roma. La pâtisserie locale est faite de pâte feuilletée sucrée fourrée de crème au citron, un avant-goût de paradis.Par les ruelles en pente, on se dirige vers la Marina di Corricela, la plus célèbre vue de l’île. Ce petit port de pêche, fermé à la circulation automobile, semble fait pour se prélasser au soleil en compagnie des chats et des anciens de l’île.
 

Étape 11 – Capri

C’est elle que tous demandent sur le quai d’embarquement des traghetti, à Naples. Capri la belle, l’île de cinéma, l’île qui incarne dans l’imaginaire la dolce vita méditerranéenne

On embarque pour une virée en bateau vers la Grotta Azzura, où les jeux de lumière colorent l’atmosphère de bleu. Par le funiculaire puis en balade, on part à la découverte du village de Capri et de celui, plus tranquille, d’Anacapri.

Vous n’y serez pas seuls, surtout en été, et mieux vaudra s’organiser un peu pour éviter de se retrouver devant le guichet clos du bateau complet. Réservez vos billets la veille ou prévoyez de venir au port en avance pour éviter les mauvaises surprises. C’est la rançon du succès d’une île qui a tout pour séduire.
 

Un mot sur l’autrice


Cela fait des années qu’elle arpente l’Italie en tout sens : Lucie fait mieux que visiter la Botte, elle y habite. Après Rome, elle s’est installée à Venise et vous pouvez suivre ses pérégrinations, ses découvertes, ses coins secrets, ses coups de 💚 sur son blog L’Occhio di Lucie et aussi sur le tout nouveau site Venise à votre image.
 
 


Crédits carte : Map tiles by Stamen Design, under CC BY 3.0. Data by OpenStreetMap, under CC BY SA.

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