Un tour dans le 10e arrondissement de Paris

par Pierre
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Vue des quais du canal Saint-Martin à Paris.

Difficile de cerner vraiment le Xe arrondissement. C’est un drôle de mélange de foule pressée, de voyageurs, de touristes, de rues vides et anonymes, de tendance, de petits coins charmants et inattendus… J’y ai vécu un an. Souvenirs, souvenirs.

Carte des lieux touristiques du 10e arrondissement de Paris.

Un petite carte de notre balade dans le 10e arrondissement de Paris !

 

 

Bon, ok, j’avoue : je n’y ai pas atterri vraiment par hasard. Ce n’est pas sa beauté intrinsèque, ni une quelconque réputation qui m’y a conduit, mais une raison bêtement pragmatique : c’est la proximité de la gare de l’Est.

Vue de la façade de la gare de l'Est à Paris.

La gare de l’Est a été complètement rénovée pour la mise en service du TGV-Est.

 

Avec la gare du Nord – la plus importante gare d’Europe – à quelques encablures à peine, c’était donc avant tout pour moi un immense quartier de passage, de départs et d’arrivées, de valises qui encombraient les trottoirs, de touristes un peu décontenancés par leur arrivée chaotique dans “la plus belle ville du monde”. Les noms des rues elles-mêmes, dédiées aux villes desservies par les deux gares, semblent cantonner une grande partie du Xe arrondissement à ce rôle de plaque tournante ferroviaire. Ceci dit, les deux gares et leur animation ne manquent pas d’un certain charme, avec leur façades imposantes du XIXe siècle, qui ressemblent drôlement à des temples antiques.

Détail de la façade de la gare du Nord à Paris.

La gare du Nord est l’une des plus majestueuses de Paris.

 

Pour échapper à la foule des voyageurs, il suffit de faire une petite pause au jardin Villemin, qui ouvre sur directement sur le parvis de la gare de l’Est, côté rue du Faubourg-Saint-Martin (entrée à gauche de la façade de ce fut l’ancien couvent des Récollets, il en reste notamment deux galeries de l’ancien cloître, l’évocation du silence passé qui régnait dans ces lieux contraste avec les bruits de la circulation actuelle – et joli café à l’intérieur : le Café A).

En traversant le jardin Villemin (pas bien grand non plus), surprise : vous tombez alors directement sur le canal Saint-Martin. Difficile alors de croire qu’on se trouve à 200 mètres à peine de la gare de l’Est ! Le charme discret et inattendu du Xe arrondissement opère alors. Il suffit de flâner le long de l’eau calme, sous les platanes, en croisant écluses, passerelles et ponts tournants aux jolis noms : la Grange-aux-Belles, Bichat, Richerand, Alibert…

Vue du canal Saint-Martin à Paris.

Même touristique, le canal Saint-Martin reste une respiration au cœur de Paris.

 

Sur la “rive gauche” du canal Saint-Martin, pourquoi ne pas faire un crochet le dimanche par l’hôpital Saint-Louis ? Construit en grande partie au XVIIe siècle, il n’est pas sans rappeler la célèbre place des Vosges. On accède librement dans le jardin qui occupe sa cour d’honneur les dimanches du 1er avril au 31 octobre, de 11 h à 17 h.

Vue de l'hôpital Saint-Louis à Paris.

La cour historique de l’hôpital Saint-Louis vaut un petit détour dominical.

 

En revenant “rive droite” du canal, on se retrouvera peu ou prou dans les environs immédiats de la place de la République, qui se trouve en réalité partagée sur les territoires du IIIe, du Xe et du XIe arrondissement ! Autrefois encombrée de circulation, elle a été agréablement transformée en zone piétonne plantée d’arbres. Au centre trône la grande effigie de la République, célèbre pour être devenue le mémorial spontané aux victimes des attentats de Paris de 2015.

Vue de la place de la République à Paris.

Autrefois simple point de passage, la place de la République a pris une nouvelle dimension dans le cœur des Parisiens.

 

De là part le boulevard de Magenta, qui est la colonne vertébrale du Xe arrondissement, le coupant en diagonale pour filer vers Montmartre.

On peut alors emprunter la rue du Château-d’Eau, où on croisera le marché couvert Saint-Martin (31-33 rue du Château-d’Eau) et la plus petite maison de Paris au n°39 : il s’agit juste d’un pan de mur étroit sur deux niveaux, occupé au rez-de-chaussée par une petite boutique et percé d’une fenêtre au premier étage… Tout au bout de la rue se dresse la mairie du Xe arrondissement. Sans être extraordinaire d’originalité, le bâtiment a belle prestance.

Vue de la façade de la plus petite maison de Paris.

Voici la plus petite maison de Paris…

 

En continuant son chemin, on retrouve alors le Xe arrondissement bourdonnant, avec le boulevard de Strasbourg et les boulevards Saint-Martin et Saint-Denis qui marquent la limite sud de l’arrondissement et constituent le début des fameux “Grands Boulevards” huppés et commerçants. On y admire la porte Saint-Martin et la porte Saint-Denis, toutes deux elevées à la gloire de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle. La porte Saint-Denis, la plus impressionnante, est une véritable préfiguration de l’Arc de Triomphe des Champs-Élysées.

Vue de la porte Saint-Denis à Paris.

La porte Saint-Denis, un arc de triomphe avant l’Arc de Triomphe.

 

On pourra remonterer vers les gares du Nord et de l’Est par la rue du Faubourg-Saint-Denis, qui grouille d’activité. C’est notamment l’un des plus importants quartiers indiens de Paris. On y croise aux coins de rues les manutentionnaires qui attendent sur le trottoir, prêts à décharger les sacs de riz de 25 ou 50 kg. La rue est peuplée de magasins exotiques, de petits cafés, mais aussi le passage Brady, galerie couverte qui est certes loin de la majesté des “passages couverts” des Ier, IIe et IIIe arrondissements de Paris, mais c’est toujours un plaisir de l’emprunter, toutes commes d’autres passages, non couverts mais non moins charmants : le passage du Désir ou le passage de l’Industrie.

Vue du passage Brady à Paris.

Le passage Brady est un petit condensé de l’Inde.

 

Paradoxalement, la rue du Faubourg-Saint-Denis ouvre aussi sur des rues soudain plus paisibles, autrefois semble-t-il dévolues à l’artisanat de luxe (rue de Paradis, rue des Petites-Écuries, rue d’Enghien…). Dans la rue de Paradis, justement, s’est établi le Manoir de Paris, que je n’ai pas connu personnellement (il a ouvert en 2011) mais qui est devenu une attraction courue de Paris. Il occupe les anciens (et superbes) bâtiments des magasins des faïenceries de Choisy-le-Roi. Le Manoir de Paris est un parc d’attraction urbain basé sur le frisson, la superstition, le concept de la maison hantée, basé sur des histoires vraies typiquement parisiennes. Certaines sont très connues et évoquent les catacombes, le fantôme de l’Opéra, le masque de fer…

Vue de la façade du Manoir de Paris.

Le Manoir de Paris propose un parcours interactif à travers les légendes et faits divers parisiens.

 

Je n’ai pas connu non plus la médiathèque Françoise-Sagan – la deuxième plus grande de Paris – qui a ouvert ses portes en 2015 en lieu et place… d’une prison ! Mais le lieu a l’air d’être superbe, avec sa cour d’inspiration méditerranéenne.

Vue de la cour de la médiathèque Françoise-Sagan à Paris.

La médiathèque Françoise-Sagan est le dernier petit bijou en date du 10e arrondissement de Paris.

 

Non loin de là, en rattrapant le boulevard de Magenta, on tombera sur le charmant marché Saint-Quentin, avec sa façade de briques de couleur bardée de métal vert et son atmosphère villageoise.

Vue de la façade du marché Saint-Quentin à Paris.

Le marché Saint-Quentin est un petit village à lui tout seul, à deux pas de la gare de l’Est.

 

 

(ps : pour cet article comme pour l’article Quelques jours à Florence, impossible de remettre la main sur mes photos de l’époque… donc crédits photos comme il se doit : couverture, gare de l’Est, gare du Nord, canal Saint-Martin, hôpital Saint-Louis, place de la République, petite maison, porte Saint-Denis, passage Brady, Manoir de Paris, médiathèque Françoise-Sagan, marché Saint-Quentin)

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